Une journée à Fribourg-en-Brisgau : que voir et que faire

Fribourg-en-Brisgau, Freiburg im Breisgau en allemand, est la principale ville du sud du Bade-Wurtemberg, aux portes de la Forêt-Noire et à moins de soixante-dix kilomètres de Bâle. Ville universitaire de deux cent trente mille habitants, elle passe pour la plus ensoleillée d'Allemagne avec près de mille sept cents heures de soleil par an. Sa vieille ville se parcourt à pied en une journée : la cathédrale gothique et sa flèche de cent seize mètres, la place du marché, les Bächle qui courent le long des rues, les deux portes médiévales, puis le Schlossberg pour le panorama. Cet itinéraire d'une journée détaille ce qu'il faut voir, comment venir en train depuis la France, où manger et quand partir selon la saison.

En bref

  • Fribourg-en-Brisgau est la principale ville du sud du Bade-Wurtemberg, aux portes de la Forêt-Noire et à moins de soixante-dix kilomètres de Bâle.
  • Son centre historique se parcourt à pied en une journée, la cathédrale et la place du marché en formant le coeur.
  • Les Bächle, ces rigoles d'eau courante qui traversent les rues, sont une particularité médiévale conservée et non un aménagement récent.

Fribourg en bref

La ville est fondée au XIIe siècle par les ducs de Zähringen, qui lui donnent son plan en damier encore lisible aujourd'hui. Son nom, « bourg libre », rappelle le droit de marché obtenu dès l'origine. L'université, créée en 1457, compte parmi les plus anciennes du pays et donne à Fribourg son atmosphère : une population jeune, des terrasses pleines dès les premiers beaux jours, des vélos partout.

La situation géographique explique le reste. Adossée aux premiers contreforts de la Forêt-Noire, ouverte sur la plaine du Rhin, la ville bénéficie d'un climat doux qui autorise la vigne sur les coteaux voisins. C'est cette combinaison, patrimoine médiéval et cadre naturel, qui en fait une destination de week-end prisée depuis la France voisine.

Un peu d'histoire

Fribourg naît en 1120 d'une décision commerciale. Les ducs de Zähringen, Conrad et son frère Berthold, y fondent un marché et accordent aux marchands des privilèges qui donnent son nom à la cité : le « bourg libre ». Le plan en damier tracé alors reste lisible dans le centre historique, et cette origine explique la place centrale qu'occupe encore la Münsterplatz.

La ville passe ensuite sous domination des Habsbourg pendant plus de quatre siècles, ce qui la rattache à l'Autriche antérieure plutôt qu'aux États allemands voisins. L'université, fondée en 1457, en fait un foyer intellectuel qui attire théologiens et humanistes. Fribourg ne rejoint le pays de Bade qu'en 1806, à la faveur des recompositions napoléoniennes.

Le XXe siècle laisse une cicatrice. Le 27 novembre 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, un bombardement allié détruit en une vingtaine de minutes la quasi-totalité du centre. La cathédrale, elle, reste debout, épargnée alors que tout brûle autour d'elle. La reconstruction d'après-guerre choisit de suivre le tracé médiéval et de réemployer le grès rose, décision qui explique l'unité visuelle du centre aujourd'hui, malgré son âge réel.

Cette histoire de ville libre, universitaire et frontalière éclaire l'atmosphère actuelle : Fribourg regarde autant vers la France et la Suisse que vers le reste de l'Allemagne.

Venir à Fribourg depuis la France

Le train reste le moyen le plus simple, et la gare centrale de Fribourg se trouve à dix minutes à pied du centre historique.

Depuis Paris, un TGV Inoui rejoint Strasbourg ou Mulhouse, d'où des liaisons régionales desservent Fribourg en une heure environ. Le trajet complet demande quatre à cinq heures. Depuis l'Alsace, la ville est très accessible : Colmar en est distante de quatre-vingt-cinq kilomètres, Strasbourg de deux cents. Un train direct relie également le Luxembourg à la région.

En voiture, l'autoroute A5 longe la plaine du Rhin. Mais l'entrée dans la ville est réglementée par une zone à faibles émissions, et le stationnement en centre est cher : mieux vaut se garer dans un parking relais en périphérie et finir en tramway. Le réseau est dense et une carte journalière couvre l'ensemble des lignes.

L'aéroport de Bâle-Mulhouse, à une heure de route, constitue la porte d'entrée aérienne la plus proche. Notre page sur Bâle permet d'ailleurs de combiner les deux villes sur un même séjour.

La cathédrale et la place du marché

Le Münster domine la vieille ville et constitue le point de départ naturel de la visite. Commencée vers 1200 dans le style roman, achevée en gothique au début du XVIe siècle, elle a la particularité rare d'avoir été terminée au Moyen Âge, contrairement à la plupart des grandes cathédrales allemandes.

Sa flèche ajourée de cent seize mètres a longtemps passé pour la plus belle d'Europe. L'ascension des trois cent trente marches donne une vue sur les toits et, par temps clair, jusqu'aux Vosges. À l'intérieur, les vitraux médiévaux offerts par les corporations portent chacun l'emblème du métier qui l'a financé : boulangers, tailleurs, forgerons.

Un détail amuse les visiteurs : les mesures officielles du pain et des paniers sont gravées dans la pierre du portail nord, de façon que chacun puisse vérifier la marchandise achetée sur la place.

Cette place, la Münsterplatz, accueille un marché tous les jours sauf le dimanche. C'est là que se mange la Lange Rote, longue saucisse rouge servie dans un petit pain avec de la moutarde, spécialité locale que l'on trouve difficilement ailleurs. Les étals de fruits, de fleurs et de produits de la Forêt-Noire occupent le reste de l'esplanade.

La vieille ville, les Bächle et les portes

Le centre historique se découvre à pied, et l'essentiel tient dans un carré d'un kilomètre de côté.

Les Bächle en sont la signature. Ces petits canaux à ciel ouvert, larges d'une trentaine de centimètres, courent le long des rues depuis le XIIIe siècle. Ils servaient à l'eau domestique, à l'abreuvement du bétail et surtout à la lutte contre l'incendie dans une ville de bois. Ils rafraîchissent aujourd'hui les rues en été et amusent les enfants qui y font flotter de petits bateaux. La tradition veut que celui qui y met le pied par mégarde épouse un Fribourgeois.

Deux portes médiévales subsistent. La Martinstor, la plus ancienne, se traverse au bout de la rue commerçante principale ; la Schwabentor, plus massive, garde l'entrée est vers le Schlossberg. Entre les deux, la Kaufhaus, ancienne halle marchande à la façade rouge et aux pignons pointus, ferme le côté sud de la Münsterplatz.

Le quartier universitaire, avec sa bibliothèque contemporaine aux façades miroitantes, contraste volontairement avec les maisons anciennes. Ce voisinage résume assez bien la ville.

Le Schlossberg et le quartier Vauban

Deux sites méritent qu'on sorte du centre historique, et ils racontent deux Fribourg très différentes.

Le Schlossberg est la colline boisée qui surplombe la vieille ville. On y monte à pied en vingt minutes depuis la Schwabentor, ou par un funiculaire qui part du centre. La tour panoramique installée au sommet dégage une vue complète sur la plaine du Rhin, la Forêt-Noire et, par temps dégagé, les Vosges françaises. C'est le meilleur moment de la journée en fin d'après-midi.

Le quartier Vauban, au sud, occupe l'emplacement d'une ancienne caserne française dont il a gardé le nom. Reconverti à partir des années 1990, il est devenu une référence mondiale de l'urbanisme écologique : maisons à énergie positive, toitures végétalisées et solaires, circulation automobile réduite au minimum, cinq mille habitants. La visite intéressera moins l'amateur de patrimoine que le curieux de plein air et de ville durable, mais elle vaut le détour de tramway.

Un itinéraire d'une journée

Voici un plan réaliste pour visiter Fribourg en Brisgau sans courir, en tenant compte du marché qui ferme en début d'après-midi.

  • Le matin. Arrivée à la gare centrale, dix minutes à pied jusqu'à la Münsterplatz. Marché, cathédrale, puis ascension de la flèche avant l'affluence.
  • Vers midi. Lange Rote sur la place, ou terrasse dans une des ruelles voisines.
  • Début d'après-midi. Vieille ville à pied : Kaufhaus, Bächle, Martinstor, quartier universitaire, Schwabentor.
  • Milieu d'après-midi. Montée au Schlossberg, à pied ou en funiculaire, pour le panorama.
  • Fin de journée. Tramway vers le quartier Vauban, ou retour au centre pour un verre. Une carte journalière de transport revient à quelques euros et se rentabilise dès le deuxième trajet.

Compter une journée pleine pour ce circuit. Si vous disposez de deux jours, la seconde journée s'emploie idéalement dans la Forêt-Noire toute proche, en train régional vers Sankt Georgen ou Titisee, ou aux thermes de Bad Krozingen, à vingt minutes au sud.

Autour de Fribourg

La ville sert de base idéale pour rayonner, et plusieurs excursions se font en train régional depuis la gare centrale, sans voiture.

La Forêt-Noire commence aux portes de la ville. Le Titisee, lac glaciaire très fréquenté, se rejoint en quarante minutes ; Sankt Georgen im Schwarzwald, plus au nord, ouvre sur des sentiers de randonnée moins courus. Le Schauinsland, sommet accessible par téléphérique depuis la périphérie, culmine à mille deux cent quatre-vingt-quatre mètres et offre un panorama sur les Alpes par temps clair.

Le Kaiserstuhl, massif volcanique isolé au milieu de la plaine du Rhin, produit des vins blancs réputés et abrite une flore méditerranéenne surprenante à cette latitude. Comptez trente minutes de train. Les villages viticoles s'y visitent à vélo, le relief restant modeste.

Bad Krozingen, à vingt minutes au sud, est une station thermale dont les eaux carbogazeuses attirent les curistes depuis le début du XXe siècle. C'est une halte confortable pour une demi-journée de repos.

Enfin, la situation frontalière ouvre d'autres possibilités : Bâle est à soixante-dix kilomètres, Colmar à quatre-vingt-cinq, et la région se prête bien à un circuit combinant Allemagne, France et Suisse sur quelques jours. Nos itinéraires de road trip détaillent cette façon de voyager.

Fêtes et événements

Le calendrier local donne une raison supplémentaire de choisir sa date, et plusieurs rendez-vous débordent largement du cadre régional.

Le marché de Noël s'installe de fin novembre à Noël autour de la cathédrale et dans les rues adjacentes. Plus resserré que ceux de Strasbourg ou de Colmar, il attire pourtant des visiteurs de toute l'Allemagne du Sud et de la France voisine. C'est la période où la ville est la plus fréquentée.

Le carnaval, appelé ici Fasnet, se déroule en février selon une tradition souabo-alémanique très différente du carnaval rhénan : masques de bois sculptés, costumes transmis de génération en génération, cortèges dans la vieille ville. Le spectacle vaut le déplacement pour qui s'intéresse aux traditions populaires.

L'été apporte les festivals de plein air et le Weinfest, fête des vins qui occupe la Münsterplatz fin juin ou début juillet et permet de goûter la production du Kaiserstuhl et du Markgräflerland. Le calendrier universitaire ajoute concerts et manifestations culturelles d'octobre à juillet.

Un service pratique pour organiser son séjour : l'office de tourisme, situé à deux pas de la cathédrale, propose des visites guidées en français à jours fixes et tient à jour l'agenda complet. Freiburg dispose par ailleurs d'une application de transports qui simplifie les déplacements en tramway.

Quand partir

Chaque saison offre une raison différente de venir découvrir la région.

Le printemps profite du climat doux : les terrasses ouvrent tôt et les coteaux de vigne verdissent. L'été est chaud, parfois lourd dans la plaine, mais les Bächle et les hauteurs boisées apportent de la fraîcheur ; c'est la meilleure période pour les randonnées et les visites guidées en plein air.

L'automne est sans doute la plus belle saison, avec les couleurs de la Forêt-Noire et les vendanges dans le Kaiserstuhl voisin. L'hiver vaut surtout pour le marché de Noël, installé autour de la cathédrale, plus intime que les grands marchés alsaciens et nettement moins fréquenté.

Un point pratique : de nombreux musées ferment le lundi, et les commerces le dimanche, comme partout en Allemagne. Une journée de visite se cale donc plutôt du mardi au samedi, jours où le marché fonctionne également. Notre page sur la forêt de la Spree propose une autre escapade nature outre-Rhin, et notre carnet de voyage rassemble l'ensemble de nos itinéraires.

Où loger et quel budget

Le centre historique se traverse à pied, ce qui rend le choix du quartier moins critique qu'ailleurs.

Loger autour de la gare centrale ou dans la vieille ville permet de tout faire sans transport, au prix d'un tarif plus élevé et d'une animation nocturne parfois sonore près des rues étudiantes. Les quartiers de Wiehre et de Herdern, au sud et au nord du centre, offrent un compromis apprécié : dix minutes de tramway, des rues résidentielles et des prix plus doux.

La ville étant universitaire, l'offre en auberges et en petites pensions est fournie, mais les périodes de rentrée et de congrès font grimper les tarifs. Le marché de Noël et les week-ends d'automne sont les moments les plus tendus de l'année : mieux vaut réserver à l'avance. Un service utile à connaître, la carte d'hôte remise par de nombreux hébergements, donne accès gratuitement au réseau de transports pendant le séjour.

Questions fréquentes

Une journée suffit-elle pour visiter Fribourg ?
Oui pour la vieille ville, la cathédrale et le Schlossberg, qui tiennent dans un périmètre réduit et se parcourent à pied. Deux jours permettent d'ajouter la Forêt-Noire ou le quartier Vauban sans se presser.

Comment aller à Fribourg depuis la France ?
En train via Strasbourg ou Mulhouse, avec une correspondance régionale d'environ une heure, soit quatre à cinq heures depuis Paris. En voiture par l'A5, en se garant dans un parking relais à cause de la zone à faibles émissions.

Que sont les Bächle ?
De petits canaux à ciel ouvert qui longent les rues de la vieille ville depuis le XIIIe siècle. Ils servaient à l'eau domestique et à la lutte contre l'incendie, et rafraîchissent aujourd'hui le centre en été.

Que manger à Fribourg ?
La Lange Rote, longue saucisse rouge servie dans un petit pain, se déguste sur le marché de la place de la cathédrale. La région produit aussi des vins blancs et le jambon de la Forêt-Noire.

Quelle est la meilleure période ?
L'automne pour les couleurs et les vendanges, le printemps pour la douceur. L'hiver se justifie par le marché de Noël, moins fréquenté que ceux d'Alsace.

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